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L'Europe vue sans direction, espoirs d'un accord USA-Iran
information fournie par Reuters 17/04/2026 à 08:49

Bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

Bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

par Diana Mandia et Coralie Lamarque

Les principales Bourses européennes sont attendues sur de faibles variations vendredi à l'ouverture, les investisseurs évaluant ‌les perspectives d'une reprise des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran ce week-end après l'entrée en vigueur d'une trêve de dix jours entre Israël et le Liban.

Les contrats à terme sur indices suggèrent une ouverture quasi stable pour le CAC 40 ​parisien (-0,01%), pour le Dax à Francfort (-0,07%) et pour le FTSE à Londres (+0,03%), tandis que l'EuroStoxx 50 est attendu en légère baisse (-0,22%).

Le Stoxx 600 devrait quant à lui ouvrir en légère baisse (-0,13%).

Les investisseurs sont indécis ce vendredi après une semaine marquée par l'optimisme face à tout signe de progrès vers la fin du conflit qui ravage le Moyen-Orient, à tel point qu'une grande partie des indices, notamment à New York, ont battu de nouveaux records et laissé derrière eux le pessimisme des ​premières semaines de la guerre.

Les prix du pétrole, bien qu'encore élevés, se sont ainsi stabilisés sous la barre symbolique des 100 dollars, alors même que le détroit d'Ormuz reste de facto fermé et que la navigation y est gravement perturbée, malgré les informations faisant état de navires qui parviennent à le traverser au compte-gouttes.

"Il ​existe un contraste assez marqué entre ce que les responsables politiques et des banques centrales disent des risques engendrés par ⁠ce conflit et ce que le marché laisse entendre", souligne Andrew Chorlton, analyste chez M&G.

Le cessez-le-feu de dix jours conclu entre le Liban et Israël, présenté comme une étape cruciale pour permettre la reprise des négociations ‌entre Washington et Téhéran, alimente les espoirs des investisseurs, le locataire de la Maison blanche ayant déclaré que la prochaine réunion américano-iranienne pourrait avoir lieu ce week-end.

Les opérateurs devraient toutefois rester vigilants face à ce calme fragile, l'armée libanaise ayant déjà dit qu'Israël a violé le cessez-le-feu et que des villages du sud du Liban ont été pris pour cibles.

Selon deux sources, les Etats-Unis ​et l'Iran n'ont plus pour ambition première de conclure un accord de paix global mais cherchent ‌désormais à s'entendre sur un protocole d'accord permettant d'empêcher une reprise de la guerre.

Le Moyen-Orient sera déterminant pour définir la politique monétaire, alors que les réunions des ⁠banques centrales approchent à la fin du mois.

Selon le directeur du département européen du Fonds monétaire international (FMI), les craintes inflationnistes liées aux prix de l'énergie pourraient conduire la Banque centrale européenne (BCE) à relever son taux directeur à deux reprises cette année, même si Francfort devrait ensuite revenir sur ces mesures en 2027.

PÉTROLE

Les cours du pétrole reculent vendredi, portés par l'optimisme quant à une possible fin du conflit au Moyen-Orient.

Le Brent perd 0,88% à 98,52 dollars le baril et le brut léger américain (West ⁠Texas Intermediate, WTI) cède 1,28% à 93,48 dollars.

Fatih Birol, ‌directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré vendredi au journal Neue Zürcher Zeitung qu'il faudra environ deux ans pour compenser la perte de production énergétique subie au Moyen-Orient.

"Cela variera d'un pays ⁠à l'autre. En Irak, par exemple, cela prendra beaucoup plus de temps qu'en Arabie saoudite. Cependant, nous estimons qu'il faudra environ deux ans au total pour revenir aux niveaux d'avant-guerre", a-t-il dit au journal suisse.

LES VALEURS À SUIVRE :

Alstom est à surveiller ‌à l'ouverture, le fabricant du TGV ayant annoncé jeudi soir, à l'occasion de la publication de ses résultats préliminaires annuels, ne pas maintenir son objectif de cash-flow libre cumulé sur les trois années à 2026/27 ⁠et ne pas être en mesure d'atteindre son ambition de marge d'exploitation ajustée à la même échéance.

Les opérateurs de télécommunications français seront également sous le feu ⁠de la rampe, Bouygues, Iliad-Free et Orange ayant annoncé vendredi ‌avoir soumis une nouvelle offre portant sur un montant total de 20,35 milliards d'euros de valeur d’entreprise pour les actifs considérés de Altice France.

À WALL STREET

La Bourse de New York a fini en légère hausse jeudi, le S&P-500 et le Nasdaq ​battant à nouveau leurs records de clôture, dans un contexte d'optimisme sur une issue au conflit au Moyen-Orient.

L'indice Dow Jones .DJI a gagné ‌0,24%, le S&P-500, plus large, a pris 0,26% et le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 0,36%.

Pour le Nasdaq, il s'agit d'une douzième séance consécutive dans le vert, une série sans précédent depuis 2009 - soit après la crise financière mondiale.

Netflix, qui a publié ses ​résultats après la clôture, a également fait savoir dans une lettre aux investisseurs que son président Reed Hastings quitterait en juin le groupe qu'il a cofondé près de trois décennies plus tôt.

Le titre du géant du streaming a plongé d'environ 8% dans les échanges d'après-clôture à la suite de cette annonce.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo s'apprête à enregistrer une deuxième semaine consécutive de hausse malgré les pertes de vendredi, les investisseurs réduisant leur exposition au risque à l'approche d'un week-end décisif.

L'indice ⁠Nikkei a terminé sur une baisse de 1,75% à 58.475,90 points après avoir atteint un niveau record jeudi.

En Chine, les actions reculent légèrement en raison d'une prise de bénéfices.

L'indice composite de la Bourse de Shanghai cède 0,17% et le CSI 300 des grandes capitalisations perd 0,27%.

La Bourse de Hong Kong perd 1,04%.

TAUX / CHANGES

Les rendements obligataires évoluent sur de faibles variations aux Etats-Unis après leurs récentes baisses, la situation géopolitique obligeant les opérateurs à jongler entre le risque d'une hausse des prix et d'un ralentissement économique.

Le rendement des Treasuries à dix ans prend 0,6 point de base à 4,3153%. Le deux ans est plutôt stable à 3,7795%.

Le rendement du Bund allemand à dix ans grapille 1,5 point de base à 3,0486%, tandis que le deux ans avance de 1,4 point de base à 2,5379%.

Sur le marché des changes, le dollar grappille 0,04% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,03% à 1,1778 dollar.

AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA ​DU 17 AVRIL

(Rédigé par Diana Mandiá et Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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